Articles

X face au regard des étudiants du BUT MMI : liberté, toxicité et fake news 

Nous avons interrogé plusieurs étudiants en BUT Métiers du Multimédia et de l’Internet (MMI) sur leur perception de X à l’aide d’un formulaire anonyme en ligne comportant deux questions. 

X face au regard critique des étudiants Nous leur avons posé la question suivante : « Quelle image avez-vous de X ? ». Les réponses recueillies révèlent des perceptions contrastées. Tandis que certains étudiants évoquent à la fois des aspects positifs et négatifs, d’autres ne retiennent que les points les plus critiqués du réseau social. Parmi les avis favorables, plusieurs soulignent que la plateforme permet de partager sa vie, de débattre et de se divertir. Les utilisateurs peuvent également y trouver des informations publiées par des journaux ou des entreprises.

X est ainsi perçu comme un réseau social ouvert et libre, où de nombreux artistes proposent des contenus jugés intéressants et de qualité. En revanche, là où la partie immergée de l’iceberg demeure généralement dissimulée sur la plupart des réseaux sociaux, elle semble ici aussi visible que la Trump Tower dans le paysage new-yorkais. La toxicité de ce réseau semble toucher une grande partie des utilisateurs.

Certes, X est considéré comme un réseau social ouvert et libre, mais cette liberté ne dépasse-t-elle pas celle des autres lorsque des personnes influentes se permettent de tenir des propos prohibés ? Comme le dit l’adage : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. » 
Les témoignages recueillis font également ressortir des termes tels que « choquant », « haine », « sans censure » ou encore « fake news ». Les avis négatifs sont sans équivoque : pour ces étudiants, le réseau social est trop laxiste.

Beaucoup l’associent au Twitter d’Elon Musk, qu’ils décrivent comme rassemblant une communauté toxique et agressive. Selon eux, la plateforme serait devenue trop permissive et irait trop loin dans sa conception de la liberté d’expression. Notre propre expérience, en tant qu’étudiantes en BUT MMI, semble également confirmer certains de ces constats. Nous avons observé que des personnalités influentes peuvent publier des contenus racistes sans que ceux-ci soient supprimés.
Une forme de modération semble manquer à l’appel, un constat partagé même par des étudiants qui n’utilisent pas X. Comme l’exprime l’un des témoignages : « Le contenu peut être choquant et violent, les messages peuvent être très crus sans signalement. De plus, l’effet de groupe derrière le téléphone peut amener à du cyberharcèlement. »

Des expériences marquées par la confusion informationnelle Pour approfondir notre analyse, nous avons posé la question suivante : « Avez-vous un exemple de mauvaise expérience sur X, notamment à propos des fake news ? » Même si une partie des étudiantes n’utilisent pas X ou suivent seulement des artistes, la majorité nous a partagé ses mauvaises expériences. Voici quelques exemples :La manipulation politique apparaît notamment à travers le témoignage d’une étudiante qui cite la diffamation de masse de la femme politique japonaise Sanae Takaichi par le biais de vidéos détournées et mal traduites. De même, les élections législatives sont décrites comme une période de confusion totale où l’on lisait « tout et son contraire ».

Concernant l’actualité quotidienne, les rumeurs sur les décès de célébrités ou les fausses annonces de médias (comme la sortie d’un faux jeu vidéo) reviennent fréquemment. Même les comptes dits « parodiques » piègent de nombreux utilisateurs qui prennent leurs blagues au premier degré. Enfin, l’impact social en partageant une information lue sur X peut s’avérer embarrassant dans la vraie vie : « Tu vois une news sur X t’en parles l’air affirmé à tes amis, ils se moquent de toi parce que c’est faux », confie un répondant.Cette omniprésence de la désinformation contribue à décrédibiliser la plateforme, poussant les étudiants à se lasser et « à ne plus croire à aucune news ».

Lettre ouverte pour une meilleure éducation aux médias et à l’information

De : AlerteX
À : Madame la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative

Madame la Ministre,

Une vidéo apparaît sur votre écran. En quelques minutes, elle cumule des milliers de vues et de partages. Nous la regardons, nous la remarquons, nous y croyons parfois. Pourtant, quelques heures plus tard, elle est démentie. Mais le mal est déjà fait.
Aujourd’hui, les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la manière dont les jeunes s’informent. Pourtant, il devient de plus en plus difficile de distinguer une information fiable d’une fausse information. Sur certaines plateformes, des rumeurs, des montages ou des vidéos sorties de leur contexte peuvent être partagés des milliers de fois en quelques heures.

En tant qu’étudiantes, nous constatons que ces contenus influencent parfois les opinions de notre génération avant même que les faits aient pu être vérifiés. Cette situation est préoccupante, car elle peut fausser la compréhension de sujets importants, notamment en matière de politique, de société ou d’actualité.
Face à ce phénomène, il est indispensable de développer davantage l’esprit critique des jeunes. Savoir vérifier une source, croiser les informations et identifier les contenus trompeurs est devenu une compétence essentielle dans notre société numérique.

C’est pourquoi nous demandons le renforcement des actions d’éducation aux médias et à l’information.

Ces actions pourraient prendre la forme d’interventions adaptées aux usages réels des jeunes, aussi bien dans les établissements scolaires que directement sur les réseaux sociaux. L’objectif est de permettre à chacun de devenir un citoyen informé, capable d’exercer son jugement de manière autonome et responsable.
Nous espérons que cet enjeu majeur retiendra toute votre attention et qu’il donnera lieu à des mesures concrètes pour accompagner les jeunes face aux défis de l’information à l’ère numérique.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.